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TOURAINE

Chronique

La PÉROUSE Conférencière Madame Christine BOUSQUET




Qui n’a entendu le nom de La Pérouse ? Mais connaissez-vous vraiment Monsieur de La Pérouse ? Tel fut le thème abordé en ce 15éme jour de l’an 2016 par notre éminente conférencière, Professeur à l’Université de Tours et de Nouméa, spécialiste en Histoire médiévale et maritime. Par l’ampleur de ses connaissances et son enthousiasme , elle réussit à nous communiquer sa passion pour le plus grand des  marins français, explorateur éclairé du XVIIIème siècle, et pour lequel Louis XVI s’apprêtant à monter à l’échafaud aurait demandé : « A-t-on des nouvelles de Monsieur de La Pérouse ? ».

Né près d’Albi en 1741, et engagé dès l’âge de 15 ans dans la Marine Royale, il obtint rapidement ses galons après son engagement dans la guerre d’Indépendance des Etats Unis d’Amérique. Blessé et fait prisonnier, il fut rapidement échangé. On lui confia alors le commandement de plusieurs navires.  A la reprise du conflit avec les Anglais, ses succès au Canada, en particulier dans la Baie d’Hudson,  incitèrent  le roi et son ministre, le duc de Castries à le charger  d’une importante mission: combler les blancs de la cartographie marine de James Cook, ouvrir de nouvelles routes maritimes et créer des comptoirs commerciaux.  Le récit de ses voyages, étayé par de nombreuses gravures, nous fit voguer avec lui à travers le globe. Accompagné de dessinateurs qui nous ont rapporté de très belles planches, de mathématiciens, hydrographes, naturalistes, médecins,  et autres scientifiques, il embarque à Brest en 1785. Il rejoint l’Amérique du Sud, passe par le Cap Horn, navigue le long du continent, fait escale à l’Ile de Pâques où il prend les mesures des Moaïs, découvre l’Ile d’Hawaï, et rejoint les côtes de l’Amérique du Nord jusqu’à la Baie des Français. Puis, Le capitaine La Pérouse reprend sa circumnavigation à travers le Pacifique vers les Philippines et Macao. Il  remonte entre les  Iles Sakhaline et le Japon par le détroit qui a pris son nom, jusqu’au Kamchatka où il débarque Barthélémy de Lesseps avec une partie des documents engrangés. Celui-ci rejoindra la France au bout d’un an après un voyage extraordinaire et dangereux à travers l’immense  Sibérie. Notre capitaine de vaisseau redescend ensuite jusqu’aux Iles Salomon où il est confronté au massacre d’une partie de son équipe de marins à Samoa. Après un temps d’hésitation, il rejoint l’Australie et confie d’autres documents aux Anglais. Son périple s’achève en 1788 par un tragique naufrage sur la ceinture de corail de Vanikoro, probablement lors de conditions cycloniques.  Il fallut deux siècles pour que le mystère de cette disparition soit éclairci. Plusieurs expéditions furent entreprises dont celles de Dumont D’Urville et  de l’Anglais  Peter Dillon. La découverte des épaves et d’objets provenant des frégates La Boussole et l’Astrolabe permirent de confirmer le lieu de la disparition. Des témoignages laissèrent entendre qu’une partie de l’équipage aurait survécu quelque temps.

Au-delà des nombreuses précisions apportées à la carte marine du Pacifique, Madame Christine Bousquet a particulièrement insisté sur l’humanisme du Comte de La Pérouse. Dans son livre de bord, il écrit que  « l’ancien esprit de découverte paraissait éteint ». Il s’indigne contre la politique scandaleuse menée par les Espagnols envers les populations des Philippines, et l’attribue aux vices des gouvernements. Il marque son  intérêt pour les cultures indigènes, les types de bateaux, les rites. Il  refuse la vengeance après le massacre de l’Ile Samoa, et fait preuve de générosité envers les prisonniers anglais qu’il libère après sa victoire au Canada.  Nous apprenons sa souffrance lors de la perte de son ami dans la Baie d’Hudson, et ses amours avec la belle Eléonore  qu’il épousa après  cinq  années d’attente.

Messires et Gentes Dames Anysetiers,  nous aurions aimé  prolonger  ce temps suspendu  que notre conférencière, souriante et captivante, nous a offert. Qu’elle en soit remerciée.  Il ne reste plus, si le cœur nous en dit,  qu’à plonger à notre tour dans la multitude d’ouvrages que Monsieur de La Pérouse a inspirés.

En complément, sachez que Madame Christine Bousquet a publié entre autres « Atlas des voyages de La Pérouse », et qu’elle est également Présidente de la Maison de l’Europe  de Tours.

                                                                                              Chantal LE SAULNIER  Héraut 



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